Archive de la catégorie ‘Actualités et images’

La droite vaudoise éjectée du Conseil des Etats!

Mardi 13 novembre 2007
Charles Favre et Guy Parmelin largement battus
Album : Charles Favre et Guy Parmelin largement battus
Elections au Conseil des Etats: dans le canton de Vaud, l'alliance du parti radical et de l'UDC a été largement battue par l'alliance des Verts et des Socialistes.
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Elections fédérales
La droite vaudoise ne sera pas représentée au Conseil des Etats. Grand battu de ce second tour, le radical Charles Favre estime que son alliance avec l’UDC Guy Parmelin n’a pas été comprise.

Tout adepte de jeux stratégiques vous le confirmera, la conclusion d’une alliance est un exercice délicat, qui doit être orchestrée avec beaucoup de circonspection, car elle entraîne des réactions affectives qui l’emportent souvent sur les motivations parfois sincères ou justifiées de ses initiateurs. Si l’alliance des écologistes avec les socialistes a semblé naturelle, en revanche, celle du parti radical avec l’UDC a choqué l’électorat du centre droit, probablement parce que Christoph Blocher, par voie d’affiches notamment, s’est si bien immiscé dans la campagne électorale vaudoise que le candidat UDC s’est vu associé de gré ou de force à cette icône encombrante.
Tout cela me fait penser à une toile de Jan Van Eyck, peinte en 1434, et représentant une alliance en apparence anodine et sincère, un mariage, celui des époux Arnolfini. On y voit le mari prêtant serment à côté de son épouse. Monsieur porte un habit doublé de zibeline qui révèle son aisance financière, encore que les semelles rehaussées de ses sandales trahissent l’origine bourgeoise d’un homme contraint de marcher dans la boue des ruelles de Bruges, quand un aristocrate irait en chaise à porteurs. Le décor tout autour du couple est constellé de symboles à l’usage de la jeune épouse: le petit chien personnifie son dévouement ; la pomme oubliée sur le rebord de la fenêtre stigmatise la tentation originelle ; le collier de perles incarne sa pureté, le miroir, la transparence de ses sentiments ; l’unique cierge allumé rappelle qu’elle n’a qu’une parole ; les mules abandonnées sur le parquet définissent son rôle de femme au foyer, cependant que la figurine en bois à l’arrière-plan, représentant Sainte Marguerite, patronne des futures mères, délimite sa fonction.
Tout l’intérêt du tableau est dans la manière très particulière avec laquelle le couple se tient par la main. Il n’y a pas d’étreinte, Madame pose juste la paume de sa main droite dans le creux de la main gauche de son mari. C’est le signe que l’alliance conclue est morganatique : la femme est de condition plus modeste que l’homme. Dès lors, si le mariage est dissout, Madame n’héritera pas. Sa dépendance financière devient ainsi le plus sûr gage de sa fidélité car, dans l’univers de la bourgeoisie, la seule garantie est celle de l’argent.
De toute évidence, c’est avec le scepticisme de Van Eyck que les Vaudois ont accueilli l’alliance de droite. Ils ont su voir l’assujettissement de type morganatique auquel Charles Favre se soumettait et ils ont voulu le protéger contre lui-même. C’est pas de l’amour, çà ?
Vous pouvez voir le tableau de Jan Van Eyck, « Les époux Arnolfini », en consultant l’album ci-dessus.

Eglises évangéliques américaines contre George Bush

Lundi 5 novembre 2007
Les Evangélistes lâchent Bush
Album : Les Evangélistes lâchent Bush
Les églises évangéliques américaines menacent de ne pas soutenir le candidat républicain au prochaines présidentielles, si George Bush persite à ignorer les menaces écologiques qui pèsent sur la planète.
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Etats-Unis 

Pour la première fois depuis 27 ans, les églises évangéliques menacent de ne pas voter républicain aux prochaines élections présidentielles de 2008, si George Bush persiste à ignorer l’état de santé alarmant de notre planète. 

Rappelons tout d’abord que le poids électoral de ces églises évangéliques aux Etats-Unis est conséquent: ce sont en effet 30 millions d’électeurs potentiels dont la croisade écologique vise surtout le lobby pétrolier américain dans son excavation insensée de la planète, à la recherche du précieux or noir. Cette prise de position est intéressante, car, pour une fois, les évangélistes sont en adéquation avec l’actualité, et avec la Bible. Connus pour leurs positions ultraconservatrices, les évangélistes justifient d’ordinaire leur combat contre l’homosexualité, l’avortement ou la contraception par une surinterprétation des Saintes Ecritures. Or, si la Bible ne dit pas que le préservatif est un crime, en revanche, il est vrai que l’Ancien et le Nouveau Testaments sont un véritable chant de la Terre, une ode à la nature où coulent le lait et le miel, un Jardin d’Eden nappé de verts pâturages.

Peintre italien du 16è siècle, Jacopo Da Ponte Bassano a peut-être exécuté la plus célèbre représentation du Jardin d’Eden. Intitulé « Le Paradis terrestre », son tableau offre un paysage à couper le souffle, qui s’étale à l’infini, bercé de collines arborisées, tapissé de fleurs et parsemé de taillis bruissant d’oiseaux multicolores. L’herbe est grasse, des animaux familiers y paissent dans la sérénité du soir. Tout à gauche de la composition arrive Adam qui découvre pour la première fois sa compagne Eve. Subjugué et craintif, il se penche vers elle et voici qu’un paon, symbole de la vanité féminine se dresse soudain sur un promontoire, cependant qu’un bouc de mauvaise augure observe le couple originel. A leurs pieds, un coq incarne déjà le bellicisme des hommes et le reniement du Christ que l’artiste a symboliquement représenté, en incorporant des agneaux à son bestiaire. Des nuages lourds s’amoncellent alors dans le ciel, le péché est latent, l’Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal frissonne sous le vent mauvais.

L’examen de ce tableau extraordinaire autorise l’hypothèse suivante : si les évangélistes réagissent si fortement contre le lobby pétrolier, alors qu’ils n’ont pas levé le moindre petit doigt contre le nucléaire, c’est parce que le pétrole attente non seulement à la splendeur du monde, mais aussi et surtout à la Genèse biblique telle que l’a peinte Jacopo Bassano. Car, n’est-il pas vrai que c’est dans les nappes bituminées, affleurant à la surface de la terre que l’on a retrouvé les corps fossilisés de dinosaures et de mammouths, en un mot les preuves formelles de ce que les Evangélistes combattent le plus au monde, je veux parler de la théorie de l’évolution qui met à mal la Genèse, recule l’âge de la Terre bien avant celui des Hommes et ruine les certitudes créationnistes de la théologie évangélique ?

Vous pouvez admirer « Le Paradis terrestre » de Jacopo Da Ponte Bassano en consultant l’album.

 

Isabelle Chevalley soutient la droite pro-nucléaire

Lundi 29 octobre 2007
Ecologie libérale soutient la droite pro-nucléaire
Album : Ecologie libérale soutient la droite pro-nucléaire
Elections au Conseil des Etats: Isabelle Chevalley, présidente d'Ecologie libérale, appelle ses électeurs à ne pas voter pour l'écologiste Luc Recordon, mais pour les deux candidats de la droite pro-nucléaire. Cherchez l'erreur...
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Elections au Conseil des Etats 

Dans le canton de Vaud, le parti « Ecologie libérale » a choisi de ne pas soutenir la candidature de l’écologiste Luc Recordon, mais d’accorder ses voix aux deux candidats de la droite, le radical Charles Favre et l’UDC Guy Parmelin, partisans déclarés du nucléaire. 

Le moins qu’on puisse dire c’est que le bon sens vacille. Oubliées la rigueur cartésienne, les catégories de la pensée kantienne, la logique implacable de Bertrand Russel… Aujourd’hui, la raison est devenue si malléable, si souple, si élastique qu’elle se prête sans vergogne à toutes les formes de manipulation et de tours de passe-passe intellectuels. Ainsi Isabelle Chevalley, présidente d’Ecologie libérale peut-elle sans rire être écologiste et ne pas voter pour un écologiste ; se battre contre le nucléaire et voter pour deux adeptes du tout nucléaire ; appeler de ses vœux un Etat fort qui ose prendre des mesures susceptibles de déplaire à chacun, en vertu d’un plus grand bien planétaire, et, se réclamer en même temps de la pensée libérale qui encourage l’entreprise individuelle et œuvre au démantèlement de l’Etat. L’allégeance d’Isabelle Chevalley à la droite nucléaire consomme l’échec de la raison et confronte tous ceux qui ont cru en cette femme dynamique à l’expérience traumatisante de la désillusion. 

Cela nous fait penser à une gravure d’Albrecht Dürer exécutée en 1513, intitulée « Le Chevalier, la Mort et le Diable ». On y voit un cavalier cheminer en direction d’une citadelle juchée au sommet d’un promontoire escarpé. A ses côtés, la Mort et le Diable l’interpellent. La Mort chevauche une haridelle, brandit un sablier, exhibe son effroyable visage décomposé, sans paupières, ni lèvres, ni nez, le cou entouré de serpents. Le Diable, lui, avec son groin de pourceau et ses pieds de bouc, marche sournoisement derrière le cavalier, prêt à faire un mauvais coup. 

Pendant quatre siècles, l’interprétation de cette gravure paraissait claire : le chevalier incarne le Chrétien idéal qui marche en direction de la Jérusalem céleste. Ferme et résolu dans ses convictions, il regarde droit devant lui. Sa foi inébranlable est si forte qu’il ignore superbement les deux apparitions monstrueuses, réduites à l’état de fantômes. 

Or voilà qu’aujourd’hui une autre interprétation vient ruiner la première. Elle affirme que pendant des siècles on aurait dénaturé le vrai titre de la gravure. Dürer n’aurait pas légendé « Reiter, Tod und Teufel », mais « Reuther, Tod und Teufel », ce qui change tout car on passe du Reiter (chevalier) au Reuther (reître), c’est-à-dire un guerrier va-t-en-guerre et sanguinaire, lequel, alors, marcherait de concert avec la Mort et le Diable. 

Madame Chevalley, votre cheval de bataille est un mauvais cheval ! Descendez de selle, retournez à vos fondamentaux écologiques, allez à pieds ! 

 

La lettre de Guy Môquet suscite la polémique

Lundi 22 octobre 2007
La lettre de Guy Môquet suscite la polémique
Album : La lettre de Guy Môquet suscite la polémique
Contrevenant aux injonctions de Nicolas Sarkozy, de nombreux enseignants ont refusé de lire à leurs élèves la lettre d'adieu du jeune résistant Guy Môquet, tué à 17 ans par les Allemands, le 22 octobre 1941.
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Au coeur des débats s’immisce une question cruciale: faut-il sacraliser le martyr juvénile? 

Mais d’abord, pourquoi la lecture de cette lettre a-t-elle suscité tant de polémiques en France? A cela, plusieurs raisons. D’abord, c’est une lettre d’adieu très intime qui s’adresse à la famille et ne parle ni de résistance, ni de guerre. Lire cette lettre revient donc à résumer Guy Môquet à sa seule mort. Son combat aux côtés des communistes n’est pas évoqué, de même que les zones d’ombre qui entourent sa mort. La lettre ne dit pas que c’est la police française qui l’a interpelé et que c’est Vichy qui a insisté pour que les condamnés soient choisis parmi les communistes. Et puis il y a le contenu de la lettre qui a alerté un psychiatre, frappé de constater les similitudes entre cette lettre d’adieu d’un condamné à mort et les lettres d’adieu que rédigent les jeunes suicidaires, ce qui n’est absolument pas la même chose. Il y avait donc risque de confusion auprès des adolescents dont on sait qu’ils sont particulièrement sensibles sur ce sujet. 

L’histoire de l’art apporte sa pierre à l’édifice de la contestation en montrant que la sacralisation de la mort juvénile se fait toujours sur le dos de la vérité, et qu’elle sert en premier chef des idéologies totalitaires. Prenez le peintre Jacques-Louis David, chantre de la Révolution française, à qui l’on doit « La mort du jeune Bara », une toile pathétique où s’exhale le dernier soupir d’un enfant martyr. La légende veut que ce garçon de 13 ans se soit engagé volontairement dans les armées de la République contre la sédition vendéenne. Entouré de Chouans qui lui demandaient de crier « Vive le roi ! », Bara serait mort en criant « Vive la République ! » David l’a représenté à l’antique, c’est-à-dire nu, couché sur le sol, agonisant, mais serrant encore sur son cœur la chère cocarde tricolore. En réalité, Bara était palefrenier. Le 7 décembre 1793, alors qu’il promenait des chevaux, il fut détroussé et tué par des voleurs. Outre Bara, l’histoire de l’art pourrait citer Pavlik Morozov, l’icône soviétique par excellence du martyr adolescent que tous les peintres du réalisme stalinien ont immortalisé pour avoir dénoncé son père qui cachait des denrées alimentaires, ce qui valut au bambin d’être lynché par les habitants de son village. Ou encore Horst Wessel, ce jeune Allemand qui abandonna l’école pour rejoindre les S.A. et fut tué dans une rixe à Berlin. Goebbels en fit une vitrine de la jeunesse aryenne et l’on retrouva sa frimousse sur toutes les affiches de propagande nazie. 

Que conclure de tout cela si ce n’est qu’un enfant n’a rien à faire sur un champ de bataille, que ces icônes de martyrs en culottes courtes consomment la défaite du monde adulte, que cette glorification d’un sang juvénile est peut-être l’expression la plus aboutie du cynisme et de la bassesse humaines. 

La gifle et la fessée bientôt interdites en Suisse

Lundi 15 octobre 2007
La gifle et la fessée prohibées en Suisse
Album : La gifle et la fessée prohibées en Suisse
La Suisse s'apprête à interdire aux parents tout châtiment corporel à leurs enfants.
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Education

Après la Suède, la Finlande et d’autres pays européens, la Suisse va prochainement interdire aux parents tout châtiment corporel à leurs enfants, à commencer par la gifle et la fessée.

Pour une fois, il s’agit-là d’une atteinte à la liberté individuelle dont je me consolerai bien vite. Sur ce thème, en effet, les pédopsychologues semblent unanimes : la fessée ou la gifle ressortissent à une forme de maltraitance d’autant plus pernicieuse que son alibi éducatif l’a longuement justifiée, voire recommandée. Lequel d’entre nous en effet, n’a pas entendu, au sortir d’une fessée à coups de badine, de tape-tapis, de ceinture, de férule ou tout simplement à la main, cette sentence implacable : « C’est pour ton bien ! »

Dès lors, en bannissant le châtiment corporel, la Suisse s’apprête à inverser les valeurs. Ce qui était la norme devient aujourd’hui tabou. Or cela risque de modifier considérablement la lecture d’un célèbre tableau du peintre surréaliste Max Ernst, datant de 1926, et intitulé La Vierge corrigeant l’Enfant Jésus en présence d’André Breton, de Paul Eluard et de l’artiste. On y voit Marie qui a couché le Christ nu sur ses genoux et lui administre une raclée si retentissante que le Fils de l’Homme en perd son auréole. Par l’entrebâillement d’une fenêtre, les trois surréalistes considèrent placidement la scène. Athée militant, Max Ernst entendait se moquer de l’Eglise et mettre à mal l’iconographie religieuse, traditionnelle et compassée : Marie, douçâtre et asexuée, tenant sur ses genoux un Jésus bien trop sage.

Mis sous les feux de l’actualité, le tableau change en effet de signification. Marie est désormais une mère de famille qui prône la manière forte en matière d’éducation. Du coup, on fait davantage attention à André Breton et à Paul Eluard représentés à l’arrière-plan du tableau. Car leur relation à l’enfant fut ambiguë. Ainsi Breton avait-il une fille dont il ne se préoccupa que lorsqu’elle eut atteint l’âge de 16 ans. Quant à Eluard, il avait une fille, Cécile, qui fut principalement élevée par ses grands-parents. Lorsqu’elle passait le week-end chez son père, celui-ci lui demandait d’aller sur le trottoir quand il recevait du monde à la maison, tant il avait honte de son statut de père de famille petit-bourgeois. Et si d’aventure quelqu’un demandait à Cécile ce qu’elle faisait toute seule dehors, elle avait l’interdiction de dire qu’elle était la fille d’Eluard…

La toile de Max Ernst met donc en scène un quarteron de bourreaux d’enfants qui se sont donné rendez-vous dans un même tableau. Quand on voit comment la fessée est associée sur Internet aux plaisirs scabreux et pervers, on se dit qu’il est urgent que les parents se trouvent aujourd’hui dépossédés d’un tel droit…

 

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