Suicide de FX alias François-Xavier Leuridan: le droit de s’en foutre

Il y a quelques jours, une petite radio locale française organisait dans sa ville un micro-trottoir sur le suicide de FX, alias François-Xavier Leuridan, ex-star des émissions phares de TF1,  Secret Story et  Carré Viiiip. En gros, il s’agissait de recueillir la réaction du commun des mortels et, j’imagine, son émotion à vif en regard de ce drame. Or voilà que l’animateur radio m’apostrophe et me tend le micro. Je lui dis qu’entre le suicide de Primo Levi et celui de FX, il y a deux poids deux mesures. D’un côté, la mort  d’un homme dont la barbarie humaine a finalement épuisé la volonté de vivre. Son suicide nous est un enseignement terrible. Il nous signifie qu’au-delà d’un certain seuil d’ignominie — ignominie des bourreaux, mais aussi ignominie des victimes prêtes à tout pour survivre —, il n’y a rien qui puisse nous retenir, ni la gloire littéraire ni le statut de grand témoin de l’Histoire. De l’autre côté, la mort d’un abruti qui a choisi le raccourci des paillettes mensongères de la téléréalité pour se sentir exister et que l’ombre menaçante du retour à l’anonymat, avec obligation de donner un sens à sa vie en la construisant, a terrassé.

Enregistré en différé, le micro-trottoir passa le soir même à l’antenne. Sans mon commentaire…

 

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