Michael Lin ou la revanche des menus objets

Biennale dart contemporain de Lyon 2009
Album : Biennale d'art contemporain de Lyon 2009
A visiter absolument jusqu'en janvier 2010 à la Sucrière, pour ne pas regretter d'avoir manqué l'installation de Michael Lin.
9 images
Voir l'album

A la Biennale d’Art contemporain de Lyon 2009, Michael Lin, qui n’est pas un inconnu ici puisqu’il y était déjà en 2005, propose une installation des plus originales. Le visiteur pénètre à l’intérieur d’une quincaillerie de Shanghai dont l’artiste a acheté l’intégralité des marchandises. S’étant ensuite livré à une activité proprement muséologique, consistant à répertorier, étiqueter, classer, archiver les innombrables articles, Michael Lin les expose en majesté dans des présentoirs, c’est-à-dire de grandes caisses de bois dont le format variable s’adapte à la qualité et à la forme des objets. Le visiteur se recueille ainsi devant des cendriers antédiluviens, des cuvettes en plastique, des brosses à récurer, un service à thé particulièrement kitsch, de pauvres objets en somme, sentinelles silencieuses et dociles de notre quotidien, de nos pratiques prosaïques et domiciliaires. Du capharnaüm étincelant de la quincaillerie, où ils s’entassaient, s’empilaient, s’amassaient, se congloméraient, dans un désordre de couleurs, les objets accèdent soudain à l’ordre, au silence et à la dignité culturelle que lui confère le lieu, que lui alloue le public. Abandonnant leur fonction utilitaire, ils accèdent à la beauté inutile de leur forme et de leurs couleurs, ils s’esthétisent.

S’agit-il d’une réminiscence du pop-art? Peut-être, mais la démarche semble exactement inverse. Avec Andy Wharol, l’art « descendait » dans le panier à commissions ou le caddy de la ménagère. Avec Michael Lin et son installation « What a difference a day made », les objets, comme réveillés de leur banalité pragmatique, s’élèvent et accèdent au rang d’oeuvre d’art.

 

Laisser un commentaire