Nicolas Sarkozy & Fils, Entreprise de Népotisme

Rodolphe Toepffer (1799-1846)
Album : Rodolphe Toepffer (1799-1846)
Antidote à Jean Sarkozy, Rodolphe Toepffer, fils de l'illustre peintre Wolfgang-Adam Toepffer s'est fait tout seul en inventant ni plus ni moins que la bande dessinée.
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La France entière s’émeut de la probable élection de Jean Sarkozy à la tête de l’EPAD, l’Etablissement public d’aménagement de la Défense qui est le quartier d’affaires le plus important d’Europe. Jean Sarkozy n’a en effet que 23 ans, il n’a pas terminé ses études de droit et, surtout, il est le fils de l’actuel président…

Et cela s’appelle, pour certains, du népotisme, Claire, un terme qui désignait primitivement une pratique courante au Vatican consistant pour un pape à attribuer des titres, des donations, des faveurs aux membres de sa famille et notamment à ses neveux (nipote en italien, d’où l’origine du mot). Jean Sarkozy a beau jeu de demander qu’on le juge sur ses actes et qu’on cesse de le harceler sur son pedigree, il ne convainc guère et se retrouve confronté à une problématique aussi vieille que la première filiation de l’Histoire, la problématique du fils à papa qui se décline sur le plan de l’hérédité, du rapport conflictuel ou encore de l’émancipation.

Ainsi l’histoire romaine est-elle constellée de parricides, à l’instar de Brutus poignardant Jules César, et d’infanticides, à l’image de Lucius Junius Brutus faisant exécuter ses deux fils Titus et Tiberius. Au chapitre du 7ème art, ce n’est quand même pas un hasard si Nicolas, fils de l’acteur Jean-Luc Bideau, est notre actuel Monsieur Cinéma suisse, de même que la carrière du regretté Guillaume doit quelque chose à Gérard Depardieu ; on pense d’autre part à Claude, fils de Pierre Brasseur qui avait reconnu s’être longtemps battu pour se faire un prénom ; on pense également à Paul qui s’évertue vainement à percer dans le sport automobile pour se convaincre qu’il n’est pas seulement le fils de Jean-Paul Belmondo ; quant à Alain Delon, à qui l’on suggérait qu’il ne devait pas être facile pour son fils Anthony d’avoir un père aussi célèbre que lui, il répondait non sans raison qu’être le fils d’Alain présentait aussi quelques avantages non négligeables… Quant à la religion, je n’ai pas besoin de m’appesantir sur Dieu le Père qui programme à Jésus-Christ son fils, un destin de crucifié…

Et en peinture, me direz-vous ? Les exemples suisses abondent et il me suffira d’évoquer, à la charnière des XIXe et XXe siècles, le cas de Rodolphe Toepffer, fils du grand peintre genevois Wolfgang-Adam Toepffer. Dans un premier temps, Rodolphe suivit les pas de son illustre parent se destinant à son tour à la peinture. Bien vite, cependant il dut renoncer, à cause d’une grave maladie des yeux qui l’empêchait de distinguer les couleurs. Pas démonté pour autant, Rodolphe se lança dans l’écriture, couchant par écrit le récit de ses Voyages en zig-zag à travers les Alpes. Puis il se mit à griffonner de petits dessins, circonscrits dans des vignettes qui se suivaient et accompagnés de légendes indispensables à leur compréhension, des petits dessins qui allaient connaître une fortune sans précédent au XXème siècle et préluder à la naissance d’un art prodigieux, incontournable et universellement admiré. Ainsi Rodolphe s’est-il fait tout seul. Il n’est pas le fils de Wolfgang-Adam Toepffer, mais bien davantage, il est le père de la bande dessinée…

Vous pouvez voir quelques exemples de dessins exécutés par Rodolphe Toepffer, en consultant l’album ci-dessus. Et écouter cette chronique telle qu’elle a été diffusée sur les ondes de la Radio Suisse Romande, à la page des Matinales d’Espace 2, en cliquant sur ce lien: www.rsr.ch              

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